Les quartiers sensibles d'Annemasse et de Gaillard, en Haute-Savoie, connaissent depuis plusieurs mois une série de fusillades liées au narcotrafic. Dimanche dernier, un homme de 25 ans a été mortellement blessé par un tireur cagoulé circulant à scooter. Des affrontements entre bandes rivales ont lieu jusqu'en plein jour, parfois à l'arme de guerre.
La particularité de ce territoire, c'est qu'il colle à Genève. Interrogé par Le Temps, Richard Boldrini, chef de la police judiciaire genevoise, dit observer avec attention cette criminalité et ne relève pour l'instant aucun signal précurseur du côté suisse. La vigilance reste de mise.
Côté français, les élus montent au créneau. Virginie Duby-Muller, députée de la 4e circonscription de Haute-Savoie et conseillère départementale, a écrit au ministre de l'Intérieur pour demander des renforts face à ce qu'elle décrit comme une forte dégradation sécuritaire.
Ce qui fait débat
Cette zone frontalière concentre tout ce qui rend le narcotrafic difficile à traiter. Une partie de la clientèle vient de Suisse, où le pouvoir d'achat est plus élevé, pendant que le point de vente, la violence et la charge policière restent côté français. La demande et ses conséquences ne sont pas dans le même pays.
D'où deux lectures. Pour les uns, il faut simplement plus de moyens côté français, et les renforts demandés par les élus sont la réponse évidente. Pour les autres, ajouter des effectifs sur un point de deal alimenté depuis l'autre côté d'une frontière ouverte, c'est écoper sans fermer le robinet, et le sujet relève d'une coopération transfrontalière qui n'existe pas vraiment sur ce terrain.
Quand une agglomération est à cheval sur deux pays, qui doit payer la facture sécuritaire ? Votre avis nous intéresse.
Source : Le Temps