Depuis le 15 mai 2026, les quelque 1 500 cultivateurs français de chanvre à CBD n'ont plus le droit de vendre les déclinaisons alimentaires de leur récolte : tisanes, huiles, baumes et dérivés destinés à la consommation. Le Parisien est allé recueillir la parole de producteurs franciliens, et le constat est brutal.
Les chiffres donnent la mesure de ce qui se joue. Selon le quotidien, ce secteur agricole génère environ un milliard d'euros de chiffre d'affaires et reverse chaque année 200 millions d'euros de TVA à l'État. Ce sont les débouchés de cette production, et non la culture elle-même, que la nouvelle règle a fait disparaître du jour au lendemain.
Près de Provins, en Seine-et-Marne, un couple installé depuis 2021 en chanvre bio dans la ferme familiale a décidé de cesser son activité. « C'est brutal mais on n'est pas vraiment surpris », résument-ils, en rappelant que leur métier vit depuis des années sous la menace d'interdictions totales ou partielles. D'autres exploitants redoutent de perdre jusqu'à 90 % de leur chiffre d'affaires. La mesure a été annoncée mi-mai sans concertation, alors que beaucoup avaient investi lourdement dans cette culture pour diversifier des revenus agricoles en baisse.
Le paradoxe est complet : ces agriculteurs cultivent une plante parfaitement légale, sous contrôle, avec des variétés inscrites au catalogue officiel, mais ne peuvent plus la transformer en produit à boire ou à manger faute d'autorisation européenne au titre des nouveaux aliments.
Ce que ça dit
Une filière agricole française s'arrête parce qu'une procédure européenne d'évaluation n'a pas abouti, pendant que les mêmes catégories de produits continuent de circuler depuis l'étranger sur des sites de vente en ligne. Les autorités répondent qu'un aliment doit être évalué avant d'être vendu, et que le principe ne souffre pas d'exception commerciale. Les producteurs répondent qu'on leur a laissé investir cinq ans avant de fermer le robinet en quinze jours. Fallait-il une période de transition, et de combien de temps ? Vos avis nous intéressent.
Source : Le Parisien
Cet article vous fait réagir ?