Le contrôle a eu lieu le 1er septembre vers 23h30, au péage du Capitou, sur l'autoroute A8 dans le sens Aix-Nice. Les douaniers ont ouvert un fourgon venu d'Avignon et y ont découvert 380 bonbonnes de protoxyde d'azote, soit près de 500 kilos : 80 contenants de deux kilos et 50 cartons renfermant chacun six bonbonnes de 666 grammes. Une quantité très largement supérieure au seuil autorisé pour un transport par un particulier.
Dans le véhicule se trouvaient aussi des articles liés au tabac, chichas électroniques, briquets et feuilles à rouler, du matériel multimédia et une batte de baseball. Remis aux gendarmes du peloton motorisé du Cannet-des-Maures puis placé en garde à vue, le conducteur, un homme de 40 ans, est resté évasif sur la destination de la cargaison, reconnaissant seulement avoir accepté de la transporter contre rémunération. Les enquêteurs soupçonnent une livraison destinée à des consommateurs de « gaz hilarant », détourné de son usage initial. Jugé en comparution immédiate lundi devant le tribunal correctionnel de Draguignan, il a été condamné à un an de prison ferme avec mandat de dépôt.
Reste un problème que personne n'avait anticipé : détruire les 380 bonbonnes, aux frais de la justice. Très peu d'entreprises françaises disposent des certifications nécessaires pour dégazer et neutraliser ce gaz, dont le pouvoir de destruction de la couche d'ozone est environ 300 fois supérieur à celui du CO2. Le tribunal de Draguignan va lancer un marché public et attendre les devis.
Ce qui fait débat
Le protoxyde d'azote reste un produit légal, vendu pour la pâtisserie et l'industrie, dont l'usage détourné progresse chez les jeunes. La réponse française s'est construite par à-coups : seuils de transport, interdictions de vente aux mineurs, arrêtés municipaux. Résultat, un transporteur part un an en prison pendant que l'État cherche un prestataire capable de détruire la marchandise. Faut-il encadrer plus strictement la vente en amont plutôt que courir après les fourgons sur l'autoroute ? Dites-nous.
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