À Maurice, le tout répressif semble arriver en bout de course. Selon RFI, qui publiait l'information lundi 7 septembre 2026, un comité technique de la National Agency for Drug Control, l'organisme public chargé de coordonner la lutte contre la drogue sur l'île, vient d'achever une évaluation des options possibles sur le cannabis. Trois pistes ont été passées au crible avec leurs avantages et leurs inconvénients : dépénaliser, décriminaliser ou légaliser. Le comité s'est également penché sur le développement de la culture du chanvre comme activité économique.
Une certitude ressort de ce travail : il n'est pas question de conserver la législation actuelle. Le cannabis est aujourd'hui classé parmi les drogues dures à Maurice, et plus des trois quarts des personnes détenues pour des infractions liées aux stupéfiants le seraient pour simple consommation ou possession de petites quantités.
Deux associations locales poussent dans le même sens. Cure Mauritius estime que le cadre en vigueur pénalise surtout les jeunes interpellés avec de faibles quantités, avec des conséquences durables sur leur casier judiciaire et leur accès à l'emploi. L'association Ailes, qui agit sur les comportements à risques, juge la répression échouée et avance qu'un contrôle accru par l'État limiterait le trafic, la corruption et l'argent sale, tout en libérant des moyens policiers pour s'attaquer aux drogues de synthèse, aujourd'hui bien moins chères que le cannabis sur l'île.
Ce qui fait débat
L'argument mauricien est frappant et il résonne en France : quand les trois quarts des détenus pour stupéfiants sont incarcérés pour de petites quantités, à quoi sert exactement la prison ? En face, une objection classique : assouplir sur le cannabis reviendrait à envoyer un signal de tolérance au moment où les molécules de synthèse progressent. Faut-il concentrer la répression sur les produits les plus dangereux et lâcher du lest sur le reste, ou tenir la même ligne sur tout ? Maurice devrait trancher dans les prochains mois. Et la France, quand ouvre-t-elle le dossier ?
Source : RFI