Le 16 février 2024, un gros paquet est déposé devant le domicile d'un habitant de Saint-Denis-lès-Bourg, dans l'Ain. L'adresse est la bonne, le nom du destinataire lui est totalement inconnu. Le colis a été expédié depuis L'Hospitalet, en Catalogne. Pensant recevoir du matériel médical, il l'ouvre dans son garage et tombe sur des paquets sous vide contenant eux-mêmes des ovules. Il prévient la police municipale, qui alerte la police nationale.
Le colis contenait six kilos d'herbe et de résine de cannabis. L'expéditeur a été identifié en Espagne, interpellé, puis jugé par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse. Il a été condamné et écroué, ainsi que l'a rapporté Le Progrès le 10 septembre. Il a fallu plus de deux ans et demi entre la livraison ratée et le jugement.
L'affaire illustre un mode d'acheminement qui s'est banalisé : le fret postal et les services de livraison classiques, utilisés comme n'importe quel canal de commerce en ligne, avec les mêmes failles. Une erreur de saisie sur un numéro de rue suffit à faire atterrir six kilos chez un inconnu, qui appelle la police. C'est aussi ce qui rend ce type de flux vulnérable : il dépend entièrement de la fiabilité d'une étiquette.
Ce qui fait débat
Six kilos ont traversé une frontière, ont été triés, transportés et posés sur un paillasson sans qu'aucun contrôle ne les repère. Ce n'est pas une enquête qui a fait tomber ce dossier, c'est un riverain qui a décroché son téléphone. Combien de colis passent pour un colis mal adressé, et que faudrait-il contrôler dans le fret postal sans paralyser tout le commerce en ligne ?
Source : Le Progrès