Licencié après vingt-sept ans pour un test positif, il assure n'avoir pris que du CBD

Licencié après vingt-sept ans pour un test positif, il assure n'avoir pris que du CBD

L'affaire a été pliée en une demi-heure. Un ouvrier de maintenance de 47 ans, en poste dans un centre de bus du Val-de-Marne, est passé en conseil de discipline le 22 septembre 2025 après un dépistage positif au cannabis. La sanction la plus lourde prévue par la lettre de convocation a été prononcée : la révocation. Vingt-sept ans d'ancienneté s'arrêtent là.

L'intéressé, dont nous ne donnons pas l'identité, conteste l'origine du résultat. Il affirme n'avoir consommé que du CBD et dit disposer d'ordonnances et d'attestations médicales, produites lors de la procédure. Selon son récit rapporté par Le Parisien, les trois représentants du personnel présents ont demandé son maintien dans l'entreprise, contrairement aux représentants de la direction.

Le nœud du dossier est technique et il concerne tout consommateur : un dépistage cherche le THC, pas le cannabidiol. Un produit vendu légalement en France reste autorisé à contenir des traces de THC dans la limite du seuil réglementaire. Selon la sensibilité du test, le produit consommé et le délai, ces traces peuvent suffire à rendre un contrôle positif. Aucun test de terrain ne dit d'où vient la molécule, et il revient ensuite au salarié de tenter de le démontrer.

C'est la même mécanique que sur la route, où la Cour de cassation a jugé que la présence de THC suffit à caractériser l'infraction. Dans l'entreprise, elle se joue devant un conseil de discipline, avec l'emploi comme enjeu.

Ce qui fait débat

Sur les postes dits de sûreté, personne ne conteste le principe du dépistage : conduire un bus ou intervenir sur un atelier de maintenance impose des règles strictes. La question porte sur l'outil. Un test qui ne distingue pas un produit légal d'un stupéfiant transforme une consommation autorisée en faute professionnelle, sans que le salarié dispose d'un moyen simple de se défendre. Faut-il exiger une analyse complémentaire avant toute sanction lourde ? Dites-nous ce que vous en pensez.

Source : Le Parisien

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