L'annonce est tombée le 2 septembre, à l'issue d'une réunion du Haut Conseil de sécurité présidée par le chef de l'État algérien, Abdelmadjid Tebboune. Selon un communiqué de la présidence, un centre pénitentiaire de haute sécurité sera installé dans le désert du Tanezrouft, aux confins du Sahara algérien, et réservé aux « barons de la drogue et aux trafiquants ».
Le lieu n'a rien d'anodin : le Tanezrouft est l'une des régions les plus arides de la planète, où les températures dépassent 50 degrés en été et où le vide s'étend à perte de vue. La presse l'a déjà surnommé l'Alcatraz algérien. Dans la foulée, Alger a décidé la création d'une agence de sécurité intégrée, qui réunira les services de renseignement des forces armées, de la police et des douanes.
Ce virage répond à une poussée spectaculaire du trafic sur le sol algérien. Fin août, le Service central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants a saisi plus de 10 millions de comprimés de prégabaline, une molécule prescrite contre l'anxiété et l'épilepsie dont l'usage est détourné, ainsi que 33 kilos de cocaïne dans cinq wilayas. Quelques jours plus tard, 228 kilos de cocaïne étaient interceptés dans un camion-citerne près d'Oran. Le président algérien qualifie désormais la situation de « guerre non déclarée ».
Ce qui fait débat
La scène se joue à quelques heures de bateau des côtes françaises, sur les mêmes routes qui alimentent le marché européen. Deux logiques s'affrontent : l'une mise sur la dissuasion maximale, prison au bout du monde et fusion des services de renseignement ; l'autre observe que la cocaïne continue de traverser le Maghreb quel que soit le niveau de répression, et que la vraie bascule s'est faite sur les médicaments détournés, là où aucune prison ne règle le problème. Enfermer les trafiquants dans le Sahara, coup de force efficace ou démonstration politique ? Donnez-nous votre lecture.
Source : Le Monde
Cet article vous fait réagir ?