Le tribunal judiciaire de Bayonne a condamné lundi 7 septembre 2026 trois jeunes gens à des peines de prison ferme, avec maintien en détention. Une femme de 20 ans, présentée par le parquet comme la tête du réseau, et deux hommes de 21 et 22 ans, tous originaires du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Ils vendaient de la cocaïne et du cannabis via un compte Snapchat.
L'affaire remonte à avril, quand la brigade des stupéfiants repère une activité suspecte sur un compte déjà lié à un trafiquant précédemment condamné. Surveillances, filatures et écoutes mènent les enquêteurs aux abords de la forêt de Chiberta à Anglet, puis à Bayonne. Les trois mis en cause louaient des appartements saisonniers à Ciboure et Bayonne pour y installer leur activité.
Les chiffres donnent la mesure du rythme : 85 transactions en quatre jours au mois d'août, sur la côte basque et le sud des Landes. La cocaïne était vendue 60 euros le gramme. Les interpellations, le 3 septembre, se sont accompagnées de la saisie de stupéfiants et de plusieurs centaines d'euros. Les trois prévenus ont reconnu les faits en minimisant leur rôle.
Ce qui fait débat
"Il est de plus en plus facile de s'organiser pour faire du trafic", a résumé le parquet à l'audience. Le dossier illustre une bascule : plus besoin de point de deal, de guetteurs ni de territoire. Un compte sur une messagerie, une location saisonnière, une voiture, et un réseau se monte en quelques semaines par des profils très jeunes venus d'un autre département.
Cela pose une question inconfortable pour les plateformes : quelle responsabilité quand un compte sert ouvertement de vitrine commerciale pendant des mois ? Et une autre pour la réponse pénale : la prison ferme dissuade-t-elle des jeunes de 20 ans attirés par l'argent facile, ou faut-il chercher ailleurs ? On lit vos réactions.
Source : ICI Pays Basque