Le tribunal correctionnel d'Évry-Courcouronnes (Essonne) a examiné le 1er juin 2026 un dossier de home-jacking survenu trois ans plus tôt, jour pour jour, chez un revendeur de CBD de Corbeil-Essonnes. Les faits se sont déroulés en pleine nuit, dans un petit appartement au fond d'une cour du secteur des Tarterêts. Deux hommes comparaissaient, présumés innocents, et la décision était attendue au mois de juillet.
La victime, un homme aujourd'hui âgé de 40 ans que nous ne nommons pas, gérait selon ses déclarations une activité florissante de revente de cannabidiol, qualifiée par sa défense d'activité « légale et déclarée ». Il comptait une clientèle variée, jusqu'à des rappeurs qui se fournissaient chez lui pour figurer du faux cannabis dans leurs clips. Cette nuit-là, les intrus réclamaient une seule chose : l'argent.
Le détail compte pour toute la profession. Un commerce légal, mais assis sur une image de produit « cannabis » et sur une part de paiements en espèces, devient une cible désignée. Les malfaiteurs ne s'attaquent pas à la marchandise, ils viennent chercher la caisse, et ils supposent qu'elle dort au domicile plutôt qu'à la banque.
C'est un angle mort du secteur. De nombreuses boutiques de CBD ont longtemps eu du mal à ouvrir un compte professionnel ou à obtenir un terminal de paiement, plusieurs banques et prestataires classant l'activité comme à risque. Résultat, davantage de liquide en circulation, et une exposition qui n'a rien à voir avec le commerce de détail ordinaire.
Ce qui fait débat
Tant que la filière restera traitée comme une activité douteuse par une partie du système bancaire, elle continuera de manipuler des espèces et d'attirer ce type de visites nocturnes. Certains y voient la preuve qu'il faut normaliser l'accès aux services de paiement, d'autres estiment que la prudence des banques est justifiée tant que le cadre bouge tous les six mois. Comment gérez-vous ce sujet dans votre commerce ? Racontez-nous.
Source : Le Parisien
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