Herses, refus d'obtempérer, voitures abandonnées : la contrebande de vodka andorrane

Herses, refus d'obtempérer, voitures abandonnées : la contrebande de vodka andorrane

On associe la frontière et la douane aux stupéfiants. Le bilan de l'été de la brigade de surveillance extérieure de Porta, dans les Pyrénées-Orientales, rappelle qu'une autre contrebande tourne à plein sur la route de l'Andorre. Près de 2 700 litres d'alcool non déclaré ont été saisis en juillet et août 2026.

Le détail des opérations ressemble à un dossier de stupéfiants. Le 11 juillet, 520 litres. Quatre jours plus tard, 540 litres. Le 8 août, un véhicule signalé par les autorités andorranes après un refus d'obtempérer est retrouvé abandonné côté français avec 670,6 litres de vodka à bord. Le 15 août, 480,6 litres. Le 17 août, nouvelle course-poursuite : les douaniers déploient une herse pour immobiliser le véhicule, qui est lui aussi abandonné, avec 447,4 litres de vodka et de whisky. Dernière prise signalée le 27 août, 28,8 litres.

Au total, selon les douanes, 53 849 euros de valeur marchande et 34 212 euros de fiscalité récupérée pour l'État.

Ce que ça dit

Le rapport est parlant : 54 000 euros de marchandise pour 34 000 euros de taxes en jeu. Autrement dit, ce qui motive ces convois n'est pas le produit, c'est l'écart de fiscalité entre deux territoires distants de quelques kilomètres. La contrebande naît mécaniquement dès qu'une frontière crée un différentiel de prix suffisant, quel que soit le produit.

Le sujet parle directement à notre secteur. Chaque fois qu'une taxe nouvelle est évoquée sur le CBD ou le tabac, c'est cet arbitrage qui revient : au-delà d'un certain seuil, une partie du marché sort du circuit légal plutôt que de payer. Jusqu'où peut-on taxer sans fabriquer soi-même un marché parallèle ? Dites-nous ce que vous en pensez.

Source : ICI Roussillon