Cette prison localise désormais le point de décollage des drones de livraison

Cette prison localise désormais le point de décollage des drones de livraison

La maison d'arrêt des Nouradons, à Draguignan dans le Var, s'est récemment équipée d'un système qui ne se contente pas de repérer un drone au-dessus des murs : il établit les coordonnées GPS de son point de décollage. Le dispositif vient de faire ses preuves.

Jeudi 3 septembre 2026, un peu après minuit, l'établissement détecte une tentative de livraison et alerte immédiatement le commissariat. Deux équipages de police se rendent aux coordonnées transmises et tombent sur trois personnes qui tentaient de fuir en voiture. À bord du véhicule : près de 8 000 euros, une batterie de drone et l'emballage d'un appareil volant. Dans le drone lui-même, les enquêteurs ont retrouvé 200 grammes de résine de cannabis, deux téléphones portables, des cartes SIM et des batteries. Le tout a été saisi.

Vendredi, le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné les deux majeurs, originaires de Lyon, à deux ans et un an de prison ferme avec mandat de dépôt. Ils écopent aussi d'une interdiction de paraître dans le Var pendant trois ans, et l'un d'eux voit son permis annulé et son véhicule confisqué. Un mineur qui les accompagnait sera jugé prochainement à Lyon ; il est présumé innocent.

Ce qui fait débat

Jusqu'ici, la réponse au drone consistait à empêcher la livraison : filets, brouilleurs, murs plus hauts. Draguignan inverse la logique en visant le pilote plutôt que le colis. Le résultat est net, deux peines fermes prononcées en 48 heures.

Reste la question du coût et du passage à l'échelle. La France compte environ 190 établissements pénitentiaires. Équiper tout le parc représente un investissement lourd, pour un phénomène qui se déplacera vers les prisons non équipées. Faut-il généraliser ce type de détection, ou s'attaquer d'abord à ce qui rend ces livraisons si rentables à l'intérieur des murs ? Votre avis nous intéresse.

Source : ICI Provence