Édouard Philippe veut un état d'urgence narcotrafic et la reconnaissance faciale

Édouard Philippe veut un état d'urgence narcotrafic et la reconnaissance faciale

Déplacement de campagne à haute tension symbolique. Lundi 7 septembre, Édouard Philippe s'est rendu à Alès (Gard), auprès d'un maire visé cet été par des menaces de mort attribuées à la DZ Mafia. Après une visite du centre de supervision urbain, le candidat Horizons à la présidentielle de 2027 a présenté son plan contre le narcotrafic.

La proposition phare : un « état d'urgence narcotrafic », calqué sur celui de la lutte antiterroriste. Concrètement, dans une ville ou une agglomération et pour une durée limitée, l'État pourrait recourir à des perquisitions administratives et à des moyens technologiques absents du droit commun, la reconnaissance faciale étant expressément citée.

L'ancien Premier ministre propose aussi de créer des fiches et fichiers de type S à vocation financière, afin que les chaînes bancaire et administrative sachent qui est soupçonné de narcotrafic et puissent surveiller ses actifs. Il défend un alignement des peines des trafiquants sur celles des terroristes, avec un minimum de vingt ans, la suppression des allocations et revenus sociaux pour les trafiquants, et une hausse du taux de recouvrement des amendes infligées aux consommateurs.

Autre point sensible : le signalement des agents publics pris en flagrant délit de consommation. « Un professeur, un chauffeur de train, en contact avec des stupéfiants ? Sa hiérarchie doit être tenue au courant », a-t-il déclaré, estimant que la consommation « n'est jamais neutre ».

Ce qui fait débat

La reconnaissance faciale déployée quartier par quartier, des fichiers de suspects ouverts aux banques, des allocations coupées avant toute condamnation définitive : le paquet emprunte au régime antiterroriste des outils que le droit commun ne connaît pas. Ses partisans y voient le seul moyen de reprendre la main sur des villes moyennes gagnées par les réseaux. Ses opposants rappellent qu'un état d'urgence est censé rester temporaire, et qu'aucun de ces dispositifs n'a jamais été retiré une fois installé. Jusqu'où accepteriez-vous d'aller pour faire reculer le trafic ?

Source : ICI

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