La demande est simple à formuler et compliquée à obtenir : arrêter de traiter dans la même case un chanvre cultivé en plein champ et une molécule fabriquée en laboratoire. C'est le combat que porte un agriculteur installé près du Neubourg, dans l'Eure, interrogé par Le Parisien en mai 2026. Nous ne le nommons pas.
Le cadre est celui-ci. Les produits au cannabidiol non médical, extraits du chanvre, ne doivent pas dépasser 0,3 % de THC et sont vendus en accès libre. En France, plusieurs milliers de professionnels se sont lancés dans la production, sans que les chiffres soient consolidés, et réclament la reconnaissance d'une filière agricole à part entière.
L'écueil le plus récent est tombé le 15 mai 2026 : la Direction générale de l'alimentation a interdit à la vente en France tous les produits alimentaires contenant du CBD. La liste donnée est parlante : infusions, miel infusé à la fleur de chanvre, huiles sublinguales ou culinaires, bonbons, chocolats, boissons. Le fondement juridique est le règlement européen sur les nouveaux aliments, dit Novel Food, référencé UE 2015/2283.
L'argument du producteur est que cette interdiction frappe indistinctement des produits agricoles transformés sur la ferme et des articles bourrés de cannabinoïdes de synthèse qui n'ont rien à voir avec la plante. Les seconds sont précisément ceux qui ont provoqué des fermetures administratives et des classements comme stupéfiants ces derniers mois.
Ce que ça dit
Un marché ne peut pas se construire si le produit le plus rustique et le plus traçable est traité comme le plus trafiqué. Les défenseurs de la règle actuelle répondent que le droit alimentaire ne juge pas l'intention d'un producteur mais l'existence d'une évaluation de sécurité, la même pour tous. Les producteurs répliquent qu'ils paient pour les dérives des autres. Faut-il un statut distinct pour le chanvre cultivé en France ? Donnez-nous votre avis.
Source : Le Parisien
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