Le chiffre a été présenté vendredi 11 septembre par la préfecture de l'Aude, à l'occasion du bilan semestriel de la lutte contre le narcotrafic. Entre janvier et juin 2026, les services de police, de gendarmerie et des douanes ont constaté 105 infractions pour trafic de stupéfiants dans le département, contre 43 sur la même période de 2025. Soit une hausse de 144 %. Le nombre de personnes mises en cause suit la même pente, passant de 115 à 219, une progression de 90 % en un an.
Les volumes saisis explosent dans les mêmes proportions. 280 kilos de cocaïne ont été détruits sur le semestre, contre 74 kilos un an plus tôt, soit quatre fois plus. Les forces de l'ordre ont également saisi 1 292 kilos de résine de cannabis, six fois le volume de 2025, et 431 kilos d'herbe contre 280 kilos. Le protoxyde d'azote figure lui aussi au tableau, avec 461 bouteilles de 0,85 litre et 3 bouteilles de 3,3 litres retrouvées pleines.
Un chiffre va pourtant dans le sens inverse. Les verbalisations d'usagers ont reculé de 15 %, de 326 à 278. La préfecture assume ce recul et l'explique par un choix de doctrine : les services concentrent désormais leurs moyens sur le démantèlement des filières et l'aboutissement des enquêtes judiciaires plutôt que sur la sanction du consommateur. Dans le même département, deux locaux commerciaux servant de support à des trafics ont été identifiés, un arrêté de fermeture a été pris et six procédures d'expulsion locative ont été engagées.
Ce qui fait débat
Un département largement rural voit ses infractions doubler en douze mois, et dans le même temps il verbalise moins de consommateurs. Faut-il y lire la preuve que la stratégie fonctionne, puisque l'on remonte enfin les filières, ou la preuve que le marché grossit plus vite que la réponse publique ? Et à qui profite un bilan où l'on arrête davantage de revendeurs en laissant tranquilles ceux qui achètent ?
Source : La Dépêche du Midi