Cent policiers, 40 kilos saisis et une amende qui grimpe pour les consommateurs

Cent policiers, 40 kilos saisis et une amende qui grimpe pour les consommateurs

Une centaine de policiers et de CRS étaient déployés jeudi soir dans le quartier du Champ de Mars, à Perpignan. Ce genre d'opération se répète depuis cinq mois, avec un bilan chiffré : 40 kilos de stupéfiants saisis dans le quartier depuis le mois d'avril.

Le rythme est soutenu. « Il y a des contrôles quatre, cinq fois par jour, des patrouilles qui passent en permanence et en plus de ça, une opération par jour », détaille Laurent Astruc, directeur interdépartemental de la police nationale dans les Pyrénées-Orientales. L'objectif fixé par le préfet, Pierre Regnault de la Mothe, est d'assécher le point de deal d'ici avril prochain, après un an de mobilisation quotidienne. Il parle d'un « travail de longue haleine » mais assure que le point de deal est « moins fort qu'avant ».

Les moyens annoncés en renfort sont de trois ordres : de nouvelles caméras installées dans le quartier, le maintien des renforts de CRS, et la hausse de l'amende délictuelle infligée aux consommateurs de stupéfiants, passée de 200 à 500 euros. C'est le point qui touche le plus grand nombre de personnes : cette amende forfaitaire est ce que reçoit un consommateur contrôlé, sans passage devant un tribunal.

Sur le plan judiciaire, le procureur de la République de Perpignan, Jérôme Bourrier, décrit un point de deal « bien tenu, c'est-à-dire fermé, qui ne supporte pas la concurrence », donc difficile à pénétrer pour les enquêteurs. Le quartier, très dégradé, doit par ailleurs faire l'objet d'un programme de rénovation urbaine d'ici la fin de l'année.

Ce qui fait débat

Deux stratégies coexistent dans la même opération : démanteler les réseaux, ce qui est lent et difficile, et faire payer les acheteurs, ce qui est rapide et rentable. Multiplier l'amende par deux et demi pèse surtout sur les consommateurs les plus visibles, rarement sur ceux qui font tourner le trafic. Certains y voient la seule façon d'assécher la demande, d'autres une variable d'ajustement des statistiques. Frapper l'acheteur, est-ce vraiment ce qui fait tomber un point de deal ? Dites-nous.

Source : ICI

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