Un trentenaire détenu à la prison d'Andenne, en Belgique, a comparu cette semaine devant le tribunal correctionnel de Namur. Il lui est reproché d'avoir ramené 41 grammes de cannabis dans l'établissement le 4 juin dernier, au retour d'une permission de sortie. Le parquet a requis un an de prison. Il est présumé innocent.
L'homme ne conteste pas les faits, mais les replace dans un contexte de menaces. La veille de sa sortie, affirme-t-il, il aurait été violenté lors d'une promenade et menacé de mort, lui et sa sœur, s'il ne rapportait pas de stupéfiants. À son retour, il a laissé la fouille découvrir la drogue puis a informé la direction. Son avocat a relevé devant le tribunal que les agents avaient eu le sentiment d'un homme soulagé, prêt à se dénoncer lui-même.
La suite est édifiante. L'incident lui a valu quatorze jours d'isolement. Aucun des commanditaires présumés n'a été inquiété : le prévenu dit ne pas avoir donné de noms, par crainte de représailles. Et il refuse un transfert dans un autre établissement, persuadé qu'une telle demande serait interprétée comme une dénonciation et le suivrait de prison en prison.
Ce qui fait débat
Toute l'économie de la drogue en détention tient dans ce dossier. On a beaucoup parlé ces dernières semaines des drones qui survolent les murs et des dispositifs pour les détecter. Mais le canal le plus ancien reste humain : un détenu qui sort, une famille qui visite, et une pression exercée à l'intérieur, là où personne ne peut se protéger.
Les faits sont établis, la contrainte est invoquée mais difficile à prouver. Le tribunal doit trancher entre deux lectures : un trafiquant qui a trouvé un bon récit, ou un homme instrumentalisé qui écopera seul de la peine pendant que ceux qui l'ont envoyé restent invisibles. Comment jugeriez-vous ce dossier ?
Source : L'Avenir