C'est une autre façon de faire du CBD, et elle explique pourquoi le marché français s'est scindé en deux. À Quimper, dans le Finistère, deux frères de 24 et 28 ans ont lancé il y a cinq ans une marque de produits au cannabidiol qui a trouvé sa place non pas en boutique spécialisée mais en pharmacie et parapharmacie. Nous ne nommons pas les personnes concernées.
L'histoire commence aux États-Unis. Leur père, installé dans le négoce d'ingrédients issus du chanvre, avait séjourné dans le Colorado une dizaine d'années plus tôt et y avait découvert d'immenses cultures de cannabis sativa strictement réglementées, alors inconcevables en France. Son entreprise vend des ingrédients purs issus du chanvre et fabrique aussi des compléments alimentaires en sous-traitance pour d'autres marques.
L'étape structurante est venue après : depuis novembre 2023, la famille dispose de son propre laboratoire aux normes pharmaceutiques à Quimper. C'est cet outil qui ouvre les portes du circuit officinal, où l'on exige des spécifications, une traçabilité et une constance de fabrication. Depuis, ils ont lancé une seconde marque, positionnée cette fois sur les champignons.
Précision indispensable : ni le CBD ni ces produits n'ont le statut de médicament en France, et le fait d'être distribué en pharmacie ne leur en donne aucun. La différence tient au niveau d'exigence industrielle, pas à une reconnaissance thérapeutique.
Ce que ça dit
Deux modèles avancent en parallèle. D'un côté la boutique de proximité, le conseil, la fleur, un marché malmené par les contrôles et les interdictions. De l'autre un circuit industriel qui investit dans un laboratoire et passe par la pharmacie, avec des coûts d'entrée hors de portée d'un commerçant indépendant. Le durcissement réglementaire favorise mécaniquement le second. Est-ce le prix de la crédibilité, ou la fin annoncée des petits acteurs ? Dites-nous ce que vous en pensez.
Source : Le Parisien
Cet article vous fait réagir ?