Six logements vidés dans la Somme, les bailleurs sommés d'agir contre le deal

Six logements vidés dans la Somme, les bailleurs sommés d'agir contre le deal

Après les commerces, les logements. Dans un communiqué du 3 septembre, la préfecture de la Somme annonce avoir adressé 22 injonctions à des bailleurs pour qu'ils engagent des procédures de résiliation de bail lorsque les conditions sont réunies. Quatre procédures ont déjà abouti et six logements ont été libérés. L'État précise que plusieurs autres suivent leur cours et qu'il continuera d'engager de nouvelles injonctions.

Les cas visés sont ceux où l'implication des occupants dans un trafic de stupéfiants est établie et où cette activité pèse sur la tranquillité des autres habitants. À Abbeville, un couple occupait un appartement finalement libéré après une décision du tribunal judiciaire : le bailleur social avait installé un dispositif de vidéoprotection dans l'immeuble, et son exploitation a mis en évidence une activité de trafic entre mars et mai 2025, avec de nombreuses allers et venues de consommateurs dans les parties communes.

Plusieurs autres dossiers concernent Amiens. Dans l'un, une enquête de la direction interdépartementale de la police nationale a identifié le titulaire du bail comme l'un des principaux complices d'une tête de réseau et comme revendeur ; interpellé en novembre 2025, il a fait l'objet d'une perquisition à son domicile. Dans un autre, 12 kilos d'héroïne ont été découverts chez l'occupant, mis en cause dans plusieurs procédures. Les personnes concernées restent présumées innocentes tant qu'elles n'ont pas été jugées.

Ce qui fait débat

La logique est la même que pour les fermetures administratives de commerces : priver les réseaux de leurs points d'appui plutôt que d'attendre le procès. Sauf qu'un bail concerne un foyer, parfois une famille entière, y compris des occupants étrangers au trafic. Les partisans du dispositif rappellent le calvaire des voisins qui vivent au-dessus d'un point de deal. Ses critiques demandent ce que deviennent les personnes expulsées, et si l'activité ne se déplace pas simplement de trois rues. Que pensez-vous de cette méthode ?

Source : ICI

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